Organisateurs : le remède aux voyages et événements de demain ?

Une chose est sûre : le besoin de découvrir le monde et de s’émerveiller face à des expériences, des cultures, des paysages et des hommes ne cessera pas d’exister 🌍🎉.

De même, en tant qu’«animal social» (pour citer ce sage Aristote) nous continuerons de nous réunir, d’échanger et interagir lors d’évènements.

Alors, si la pandémie venait à s’éterniser nous voyagerons toujours et nous nous regrouperons également mais plus de la même manière …

Le “Grand Tour” d’Europe de l’aristocratie du XIXème à l’origine du Tourisme.

Certes beaucoup d’experts s’évertuent à dessiner le futur et aucun d’entre nous ne peut réellement savoir de quoi est fait demain. Nous pouvons néanmoins nous y préparer et y réfléchir 🤔.

Un retour à « la normale » pour le Tourisme ou des évolutions structurelles accélérées suite au covid-19 ?

Aujourd’hui, l’industrie touristique va subir des conséquences destructrices à court terme. On peut aussi constater que cette crise du coronavirus est le point d’arrivée d’une remise en cause stratégique des pratiques du tourisme qui pourraient enfin changer.

Effectivement, le produit touristique n’a pas radicalement évolué pour répondre à ses problèmes internes :

  1. Une faiblesse dans la gestion des risques pour une industrie qui se veut rassurante et fiable 🔐.
  2. Une globalisation virale : le virus n’a pas de frontière tout comme les touristes qui parcourent la planète infectant facilement les populations les plus vulnérables 😷.
  3. L’overtourism, conséquence néfaste de la hausse des vols à prix bas, de la désintermédiation, de la saisonnalité, d’une classe moyenne avec un niveau de vie toujours en hausse souhaitant « partir en vacances » et par la survalorisation de destinations du marketing glorifiées sur Instagram 🤷‍♂️.

Le commerce électronique et le tourisme collaboratif bousculent déjà les structures traditionnelles. La faillite de l’agence Thomas Cook avant la crise sanitaire est symptomatique d’une réinvention en cours du secteur.

Et si la transformation du Tourisme était déjà en marche bien avant l’émergence d’un état de crise sanitaire ? Et si voyager ou échanger autrement était une réponse à la cause de la pandémie plutôt que de combattre à coups de gels ses conséquences ?

En ce sens, un « retour à la normale » apparaît insensé. Comme dans son passé, l’industrie touristique va se réinventer au rythme de ses crises.

Ce n’est pas tant la crise qui met en place un nouveau monde que la crise qui oblige à délaisser un ancien système, et encore une fois le rôle de l’Organisateur est primordial.

Les leaders touristiques de demain se seront renforcés de cette crise et auront saisis les nouveaux besoins du consommateur et les pratiques émergentes ou en croissance.

Les structures touristiques vont radicalement s’adapter.

En 2020, nous entrons dans le 21è siècle du Tourisme.

Sophie Latour, DG d’Advanced Tourism

Il est bon de se rappeler : s’occuper de tourisme revient par ailleurs à préparer un territoire, une destination. Or, une destination touristique est un produit qui se « fabrique ».

De quoi laisser place aux transferts géopolitiques des offres de service pour faire renaître le secteur d’abord sur le sol français ?

“Le tourisme fait probablement face à la pire épreuve de son histoire moderne, alors même que c’est un des fleurons de l’économie française. Son sauvetage est donc une priorité.

Edouard Philippe, Premier Ministre de la France le 14 Mai 2020

Le sort de l’industrie du Tourisme dépend bien évidemment des décisions des institutions et gouvernements. C’est pourquoi le dernier plan d’aide de 18 milliards d’euros de l’état français annoncé le 14 mai 2020 par Edouard Philippe est historique. On peut aussi saluer certaines initiatives comme le Manuel Sanitaire de l’Organisateur écrit par l’US Travel Association avec des instances gouvernementales et médicales : « Travel in the New Normal » ou même le sommet prévu le 20 Mai 2020 par l’Organisme Mondial du Tourisme (UNWTO).

Responsabilités de la nouvelle génération du Tourisme.

En tant que référent et expert du Voyage ou de l’Evenement, l’organisateur doit être la solution aux multiples pressions climatiques, sociales, culturelles, technologiques et sanitaires.

“C’est une crise ? Non, c’est une révolution !”

Pour reprendre l’excellente lettre ouverte (et la punchline de Louis XVI) ⚔ .

Christian Delom, secrétaire général de A World For Travel.

Il est vain d’espérer un véritable « retour à la normale » pour l’Organisateur qui attendrait un vaccin comme panacée mondiale. Qui nous dit qu’un autre virus ne pourrait pas arriver dans les 5 prochaines années puisque la cause réelle n’est point guérie ? Il faut donc faire preuve d’ouverture et d’adaptation face aux nouveaux enjeux du Tourisme de Demain.

Ces initiatives sont d’abord portées par les organisateurs, les acteurs privés qui s’adaptent à l’instar de France Tours, agence réceptive qui nous dit “Il faut véritablement faire vivre la France, faire vivre des expériences aux touristes”. C’est donc la promotion d’un tourisme de proximité. Évadez-vous prêt de chez vous ! On peut retenir l’initiative #explorelafrance #exploreparis #laloireavelo ou des startups qui se positionnent sur le créneau comme Staycation.

Les consommateurs perçoivent le tourisme de proximité comme un bon moyen pour maximiser le temps de vacances, en évitant un transport long, et impactant l’environnement et son portefeuille.

La réaction ne s’est pas faite attendre et les acteurs privés commencent déjà à accompagner l’après. Après les doutes, l’indispensable Kit de Survie il est temps de s’adapter durablement. C’est l’opportunité donnée pour les spécialistes de l’événement et du voyages (DMCs, agents de voyages, agences événementielles, lieux événementiels) 💰.

Réinventer le tourisme.

“Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux”  

Marcel Proust.

Cette crise fait écho à la question du sens d’un tourisme globalisé alors même que cette industrie a fait de la quête de sens son ADN. “Le Tourisme c’est la vie” nous dit même Thierry Breton.

L’idée générale serait d’aller vers un tourisme responsable, durable et innovant socialement, qui se structure sur l’identité des territoires (non délocalisable) et qui les dynamisent tout en respectant la qualité de vie des habitants et la valeur expérientielle et mémorable du voyage. La conservation du patrimoine naturel et culturel est un des piliers d’un tourisme responsable et il permet d’améliorer sensiblement la perception des habitants du tourisme 😀.

De nouveaux besoins du consommateur = de nouvelles opportunités.

En chinois, le mot crise Wei Ji est composé de deux caractères qui signifient « danger » et « opportunité ». Il rappelle avec ironie l’essence de cette crise, à la fois très douloureuse et favorable à l’apprentissage.

Anne Gombault, directrice du centre de recherche Industries créatives Culture, Kedge Business School.

En s’ouvrant à de nouvelles formes de tourisme, la tendance des expériences gagne du terrain. C’est par exemple ce qu’a compris Airbnb avec son positionnement et ses nouveaux produits digitaux. Voyager prend alors une autre tournure.

Pour éviter l’overtourism, la clé est la planification, de préférence en amont. Comme l’explique Tony Wheeler, le fondateur du Lonely Planet, les hauts lieux du tourisme, les musts, doivent prendre des mesures de régulation des flux comme le font déjà de nombreuses destinations en limitant leur accès : Venise, Barcelone, Dubrovnik, Islande, Cinque Terre, etc. D’ailleurs l’Islande imposera un test sanitaire à chaque entrant sur son territoire.

Le e-tourisme explose en Chine avec une hausse du digital heritage dans les musées chinois, au sein des spectacles qui se diffusent en ligne comme le Metropolitan Opera ou même des événements comme les fashion weeks. Dans l’objectif de ne pas déplacer les foules, les producteurs innovent avec des contenus digitaux de qualité 💻.

Enfin, le développement d’un tourisme créatif et inclusif éviterait une forte concentration des activités et une réaction anti-touriste en impliquant les locaux. Avec par exemple une co-création des habitants et des touristes qui reflètent le territoire comme : un voyage à Nantes, faire son fromage normand, récolter ses huîtres d’Arcachon, fabriquer son parfum à Grasse etc…

L’organisateur de demain : un humain essentiel à nos enjeux sociétaux.

Le monde est vaste et en réalité, la plupart des lieux ne sont pas concernés par l’overtourism. Il faut donc investir et valoriser de nouveaux lieux. Et parfois, ils ne sont pas loin.

Réceptifs, chefs de projet événementiel, gestionnaires de lieux, experts en communication, agents de voyages, hôteliers MICE, n’attendez plus ! Plus que jamais, l’organisateur est la pièce centrale du jeu touristique 🔦.

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